Derniers Commentaires

RSS-Feed

News26 RSS Feed

RSS icon.svg

Qui est en ligne

Nous avons 157 invités en ligne

Rechercher

Apple: Le vers est dans la pomme PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 24 Janvier 2013 09:09

Le pire est derrière, mais la croissance européenne sera pourrie, l'austérité sera de mise (sauf aux USA où l'on ne préfère pas faire caler la reprise), bref rien de nouveau, mais il vaut mieux être riche et bien portant aux USA que pauvre et au chômage en France selon le FMI..

99874_600.jpg

 

Hier était clairement une de ces journées où il y a un avant et un après. Avant les chiffres d'Apple et après les chiffres d'Apple.

 

AVANT :

 

Tout va bien, on a plus peur de rien, l'Europe se traîne sans rien faire, semblant chercher des raisons pour monter encore, se raccrochant à un vote des Républicains qui pourrait donner un petit délai à la problématique du plafond de la dette. À noter qu'il semblerait que les européens sont plus préoccupés par le plafond de la dette américaine que les américains eux-mêmes. Je crois que les américains ont compris que de toute façon, les clowns qui les dirigent vont trouver une solution (ils n'auront pas le choix) et que comme de toute manière un membre du Congrès est à peu près aussi apprécié qu'un cafard, on n'attend plus grand-chose. Mais les européens continuent de croire que c'est important.

Sur le vieux continent il y avait aussi des chiffres et des choses importantes à voir hier matin, mais c'est marrant on ne ressentait pas un intérêt monstrueux. Pourtant Unilever et Novartis ont publié de bons chiffres. Même que Novartis montait de 4% après l'annonce du départ de son boss historique, Daniel Vasella. Et c'est assez rare de voir monter Novartis de 4% pour le signaler. On retiendra aussi le downgrade de Deutsche Bank sur la banque française avec un logo tout vert. Les allemands pensent que la grosse banque toute verte a atteint son objectif de prix et qu'il est temps de prendre les profits. Le titre baissait d'un peu plus de 2% emmenant avec lui le reste du secteur dans son sillage.

 

6a00d8341d417153ef017ee3c9760b970d-800wi.jpg

Et puis les américains ouvraient leur journée avec un intérêt et une passion proche du niveau zéro de l'intérêt et de la passion. Secrètement, tout le monde attendait les chiffres d'Apple prévus après la clôture et entre deux, tout le monde s'en fichait. Néanmoins on arrivait tout de même à aligner la sixième séance de hausse sur le S&P500 et le Dow Jones, parce que « on ne sait jamais, c'est peut-être la dernière ». Les 1500 points sur l'indice semblaient à porté de trading desk et pourtant rien à faire, on ne parvenait pas à toucher le Graal, même du bout des doigts. Ou alors il fallait qu'Apple pulvérise les attentes du marché pour pouvoir espérer voir sortir les T-Shirts et les casquettes badgés « S&P 1500, been there, done that ».

En gros, on aurait pu simplifier la séance en fermant 4 heures plus tôt et en publiant les chiffres après le lunch comme ça tout le monde gagnait du temps et on y voyait plus clair.

Nous parvenions tout de même afficher un nouveau plus haut depuis la crise du subprime, mais à coup de 0.16%, c'est moyennement passionnant. On notera que le Dow Jones était en bien meilleure forme que ses pairs, mais c'est principalement grâce à IBM qui tirait le vénérable indice à la hausse puisque « blig blue » montait de 4.4%, permettant au Dow Jones de terminer en hausse de 0.49%, lui. Mais les 14'000 sont encore loin et il faudra plus que des bons chiffres d'IBM pour y aller cette semaine.

On terminera encore ce résumé de séance en disant que l'or ne foutait rien à 1682$ et que le pétrole était tout autant sclérosé à 95.43$. Les deux attendaient patiemment la publication des chiffres after close pour se réveiller. Mais en fait, même après les publications d'après-bourse, les deux compères étaient tout autant en panne d'inspiration. En ce moment, le trading sur les deux ors est à peu près aussi passionnant que d'observer quelqu'un faire du macramé pendant 18 heures non-stop.

 

125998_600.jpg

Avant de passer au sujet des résultats d'Apple et de la vie du marché after close, vie qui va changer la nôtre aujourd'hui, je voudrais faire un rapide détour par le vote des politiciens américains qui se sont autorisés à puiser dans la dette sans se prendre la tête avec le plafond et ceci jusqu'au 19 mai. Ils se sont donc donné un peu d'air sans avoir trop à chercher des solutions. On appelle ça « cacher la merde au chat », mais ça permet de continuer à faire croire à tout le monde que tout va bien et que l'on a la situation bien en mains. Et puis sait-on jamais, d'ici le 19 mai, on peut peut-être trouver du pétrole et/ou de l'Uranium sous le Capitole. Pour ces deux ressources je ne sais pas, par contre si l'on peut monnayer la connerie, il y a de bonnes chances que l'économie US reparte en pleine croissance avec une nette avance pour Washington.

Toujours est-il que la nouvelle était attendue et que comme Apple publiait ses chiffres après la clôture, tout le monde s'en fichait largement.

 Puis ensuite il y avait APRES  (par opposition à AVANT les chiffres d'Apple) :

 Rappelez-vous, avant les chiffres tout allait très bien. On savait que la plupart des analystes avaient révisé les chiffres du vendeur d'iPad à la baisse. Tous les chiffres. Les ventes, les revenus, la croissance, tout... Tout le monde savait que ça ne pouvait plus ou pas être aussi bien qu'avant. C'était tellement anticipé qu'à un certain moment on se demandait même si par hasard on n'avait pas un peu trop anticipé le pire, sachant qu'autour de nous, l'horizon est couvert d'iPad et d'iPhone.

 

126016_600.jpg

 

Et puis à 22h00 et des poussières, heure de Tolochenaz, le suspens prenait fin. LES chiffres étaient là. Apple publiait ce que l'on attendait depuis 3 jours ; le résultat de son quatrième trimestre 2012. Et quelle déception pour le marché qui avait pourtant anticipé le pire.

La version édulcorée, vulgarisée et simplifiée est la suivante : la majorité des chiffres clés sont en-dessous des attentes, sauf les EPS qui étaient au-dessus, mais de nos jours, tout le monde se fout des EPS. En revanche les ventes d'iPhones étaient en-dessous (47.8 millions contre 48 millions attendus), iPad pareil, légèrement plus faible. Apple s'attend à un revenu pour le prochain trimestre dans la région des 41-43 milliards de revenus, les analystes tablaient sur 45.6 milliards. En gros, c'est des bons chiffres, 99.99999% des chefs d'entreprises tueraient pour des résultats pareil, mais c'était en-dessous des attentes des Dieux de la finance et surtout on avait quasiment la preuve que la croissance indéfinie qu'Apple affichait depuis quelques années était terminée. Le résultat de l'équation était simple :

11% de baisse après la clôture. Le titre est de retour au plus bas de ces six derniers mois autour de 460$. Rappelons, pour les techniciens, qu'il y a encore un gap a combler autour des 420$. Un Hedge Fund manager qui est short depuis un an sur Apple (Gundlach) estime que le titre peut aller à 300$. Pour faire simple, c'est la star qui se fait descendre de son piédestal et tout le monde il est content parce qu'il peut dire : « je vous l'avais dit ». Une chose est sûre, hier soir une page s'est tournée.

 Maintenant il est tout de même intéressant de noter les choses suivantes :

 Apple n'a vendu « que » 47.8 millions d'iPhone mais en 13 semaines au lieu des 14 semaines pour l'édition précédente – Apple n'arrive pas à suivre dans la production des mini iPads, leurs revenus sont au plus haut de tous les temps, les utilisateurs sont toujours enchantés de leurs produits Apple (perso celui qui veut me reprendre mon Mac pour me filer un PC, je le mord) et ah oui, au fait, Apple a 137 milliards de cash sur son compte courant, soit près de 10 fois la capitalisation boursière de Nokia, 15 fois celle de BlackBerry et sachant que Samsung pèse 200 milliards de capitalisation boursière, ça laisse songeur. Savez-vous que si demain Apple se lance dans la iCar ils peuvent simplement racheter BMW (60 milliards) et ça leur laisse encore de la menue monnaie pour racheter Peugeot et Renault (total 18 milliards). Si Apple veut embêter Microsoft qui essaie de racheter Dell (22 milliards), ce n'est vraiment pas un problème. Alors oui, le titre se fait défoncer depuis hier soir et ça risque bien de continuer aujourd'hui. Oui, la fabuleuse croissance d'Apple est peut-être terminée, mais Apple reste une compagnie fabuleuse et si les investisseurs n'en veulent plus ce ne veut pas dire que c'est définitivement terminé. Ceci dit, Apple représente 3.6% du S&P500 à elle seule, ce jeudi risque d'être compliqué et il ne sera pas simple d'enquiller une septième séance de hausse consécutive aux USA.

Voilà, je pourrais vous écrire encore 12 pages sur le sujet, vous verrez que dans les news du jour c'est 60% à propos d'Apple et le reste n'est qu'anecdotique, donc on va s'arrêter là et retenir que quelque chose a changé. Moi je vous laisse, vais acheter un Lumia de chez Nokia.

 

 Dow Jones 13,779.33 +67.12 +0.49%

 

S&P 500 1,494.81 +2.25 +0.15%

 

NASDAQ 3,153.67 +10.49 +0.33%

 

STOXX 50 2,708.28 -8.42 -0.31%

 

FTSE 100 6,197.64 +18.47 +0.30%

 

CAC 40 3,726.17 -14.84 -0.40%

 

DAX 7,707.54 +11.33 +0.15%

 

IBEX 35 8,613.30 -18.80 -0.22%

 

FTSE MIB 17,579.00 -136.90 -0.77%

 

AEX 353.01 -0.44 -0.12%

 

OMX 30 1,140.82 +1.67 +0.15%

 

SMI 7,391.95 +100.10 +1.37%

 

Nikkei 10,600.16 +113.90 +1.08%

 

Hong Kong 23,599.33 -35.77 -0.15%

 

S&P/ASX 200 4,807.40 +21.57 +0.46%

 

CSI 300 2,599.97 -7.48 -0.29%

 

Dans la liste des indices ci-dessus, vous constaterez que le SMI est en bien meilleure forme que le reste du monde. Il est évident que quand vous avez un indice comme le SMI qui est composé de 5 mammouths (et encore UBS et Crédit Suisse ne sont plus ce qu'ils étaient), quand vous avez un de ces pachyderme qui prend 4% (comme Novartis hier), ça fausse un peu la tendance..

En tout début de journée en Asie, le marché était tout perturbé par Apple évidemment. Puis il s'est passé deux ou trois choses. Tout d'abord le vice-ministre des finance a déclaré que le Gouvernement prendrait toutes les mesures nécessaires pour soutenir l'économie. Allusion au rebond du yen après les déceptions de ces derniers jours. Du coup les traders ont traduit la chose par : « on va défonce le yen contre le dollar, peut importe ce que ça coûtera » et ainsi fut fait. Depuis le Nikkei remonte bien.

Dans la foulée les chiffres du PMI chinois sont en phase de publication, entre la version officielle du gouvernement et la version bidouillée de HSBC, on devrait trouver un consensus, pour l'instant il en ressort que ces chiffres devraient être bons, signifiant même que la reprise de l'économie chinoise n'est pas un conte de fées. Du coup l'Asie le prend bien, sauf la Chine qui n'arrive pas à se reprendre pour le moment.

 

chapatte.png

Hier soir il ne faisait pas bon publier ses chiffres puisqu'Apple volait clairement la vedette et l'attention des investisseurs. Pourtant il y avait le trade de l'année à jouer à la 21h59 heure de Buchillon. A 21h59 vous achetiez NetFlix et vous shortiez Apple. Résultats bof chez Apple + fin de la croissance, le titre recule de 11% et chiffres canons chez NetFlix, le titre explose de 33%. Merci d'être venus.

Le géant de la vidéo-à-la-demande a donc sorti des chiffres qui ont surpris tout le monde. Le marché attendait un perte de 13 cents par actions et ils annonce un gain de 13 cents par action. Ils ont gagné 8 millions et 2 millions de nouveaux utilisateurs. En gros tout le monde s'est fait prendre à contre-pied et moi je me demande si les analystes qui couvrent NetFlix comprennent vraiment quelque chose à la société qu'ils couvrent, quand on voit de combien on peut se gourer. Mais bon, je dis ça comme ça. En tous les cas on dit que la volatilité est hyper-basse, pas partout, chez NetFlix, il faut carrément avoir un harnais trois points pour traiter le titre.. avec des mouvements de 33% en 15 minutes et c'est monnaie courante chez eux.

Pour le reste des nouvelles, Draghi pense aussi que le pire est derrière, tout comme le FMI qui nous a publié un rapport de derrière les fagots hier. Le pire est derrière, mais la croissance européenne sera pourrie, l'austérité sera de mise (sauf aux USA où l'on ne préfère pas faire caler la reprise), bref rien de nouveau, mais il vaut mieux être riche et bien portant aux USA que pauvre et au chômage en France selon le FMI..

Autrement, après avoir fait le tour des journaux, j'annonce officiellement que ce jeudi 24 janvier 2013 sera officiellement placé sous le signe de la pomme, c'est bien simple, on ne parle que de ça. 1 article sur 2 lui est consacré. En tous les cas aujourd'hui celui qui me dit que je n'ai pas pris mes 5 fruits et légumes par jour, je le tape.

Malgré qu'Apple a publié, une fois que nous aurons digéré la chose, la vie va reprendre son cours.. Aujourd'hui, malgré que nous sommes le jour de la pomme, il y aura tout de même des chiffres économiques. Jobless Claims, PMI Manufacturing, Bloomberg Comfort Index, Leading Indicators, chiffres du gaz et du pétrole, Kansas City Fed Manufacturing, Fed Balance Sheet et Money Supply. Côté chiffres du trimestre, il y aura du monde !!! en vrac il y aura :

3M, Baxter, Cypress, Eaton, Lockheed, Raytheon, Nokia, Xerox, AT&T, Juniper, Microsoft, Rambus et Verisign. Mais plein d'autres que j'ai oublié :

 

http://hosting.briefing.com/cschwab/Calendars/EarningsCal...

 

Pour l'instant les futures sont en baisse de 0.5-0.6%, franchement ça va, on aurait pu s'attendre à pire, mais attention la journée n'est pas finie.

 

En ce qui me concerne, je crois que c'est tout. Je m'en vais vous laisser vaquer à vos occupations matinales. Je ne sais pas ce que j'ai, mais ce matin j'ai envie de truffes au chocolat et de champagne, c'est que je dois en avoir marre des pommes. Bon, allez c'est pas tout, je vous souhaite une excellente journée, je souhaite que vous ayez la chance de prendre votre café avec George et nous on se retrouve demain pour un résumé de marché qui devrait parler d'autre chose que d'Apple.

 

A demain !!!

 

Morningbull


 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir