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| Jeudi, 24 Novembre 2011 17:59 |
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Au cas où Berlin accepte les euro-obligations un krach des bonds est inévitable, avec des conséquences catastrophiques pour toute la zone Euro. La charge des intérêts de l'Allemagne doublerait sans doute d'un coup. Et il est très douteux que le surendettement de la zone euro soit réglé grâce aux euro-obligations. Bien au contraire, de nouveaux problèmes sont programmés. Les euro-bonds signifient l'expropriation forcée de l'épargne.
Michaela Heine pour News 26
Pourtant, en Allemagne personne n'y croit. Il y a de plus en plus de signes montrant que Berlin cèdera aux pressions. Apparemment, la coalition gouvernementale discute déjà secrètement des circonstances dans lesquelles le «non» catégorique aux euro-obligations pourrait être levé. Parmi les initiés, il est déjà clair depuis longtemps qu'à la fin les obligations communautaires seront introduites. Bruxelles le veut ainsi.
Le secteur des assurances sera particulièrement affecté. Ces derniers temps les assurances ont laissé tomber les obligations pourries des pays du Sud et ont massivement misé sur la solvabilité des obligations de l'eurozone du Nord. Si les obligations allemandes et françaises s'écroulent, le secteur de l'assurance aura un problème existentiel. Les promesses de rendements des assurances-vie et autres ne pourront être satisfaites et le secteur sera menacé par des faillites en série.
Une dévaluation des obligations frapperait également les banques, qui viennent juste de passer un processus de nettoyage douloureux en termes d'obligations des PIGS. Les institutions financières devraient supporter une décôte de 10 à 30% sur les obligations allemandes. Ceci est ainsi susceptible de tuer n'importe quelle banque. Pour les 1100 milliards de dettes officielles en Allemagne, le pays paie actuellement environ 37 milliards d'intérêts par an. Si les taux d'intérêt passent à environ 4%, cela signifie que la charge des intérêts doublera. L'Allemagne aurait alors à payer au moins 74 milliards d'intérêt par an - et potentiellement plus si les taux d'intérêt étaient plus élevés. Cela signifie: augmenter les impôts et les taxes.
En France, ce processus qui est déjà en route avec des plans d'austérité en série. Avec près de 1685 milliards de dettes, les intérêts coùtent à la France plus de 43 milliards d'euros chaque année. La flambée des intérêts actuels a des conséquences dramatiques. Les sommes nécessaires sont forcément récoltées chez les contribuables, en impôts et taxes.
Il serait naïf de croire que les euro-obligations seront accueilies de façon euphorique par le monde de la finance. Il est vrai qu'il s'agit du plus grand marché obligataire au monde, mais les attaques menées par les agences de notation vont se poursuivre. Au moment où la France perdra son 'triple A' les taux d'intérêt des euro-obligations exploseront.
La note sera CC Si les Eurobonds voient le jour, les agences de notation ont d'ores et déjà prévenu que ceux-ci recevraient la note du pays le moins bien noté! Le 3 septembre, l'agence de notation S&P a prévenu que les obligations communes des Etats européens seraient notées selon l'Etat membre le plus faible. "Si nous avions un Euro-bond garanti à 27% par l'Allemagne, à 20% par la France et 2% par la Grèce, la note attribuée serait CC, ce qui correspond à la solvabilité de la Grèce", a déclaré le patron de S&P responsable pour la région européenne, Mauritz Kraemer, au forum européen d'Alpbach. Compte tenu de cette donnée le niveau d'intérêt des euro-obligations donnerait le coup de grâce à l'Union européenne. Etrangement, cet avertissement est ignoré totalement par Bruxelles et par les pays, dont la France, favorables à ce mécanisme absurde de mutualisation de dettes nommé "euro-obligations".
Même si l'appel concernant les euro-bonds s'amplifie, ils ne représentent en aucun cas la solution au problème de la dette. Une chose est sure: les euro-obligations ne dissolveront pas les dettes. Ils pourraient in fine plutôt aggraver le problème. Les euro-obligations n'encourage aucun pays destinataire à économiser ou à suivre une discipline budgétaire mais provoque une morale financière encore plus laxiste. - Malgré les euro-bonds la fin du système est programmé: au moment où l'intérêt de ces obligations communautaires tendront vers les 5%, la fin de la zone euro sera alors inévitable. Résultat: même les États économiquement sains seront également ruinés.
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