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L'alerte allemande: intérêts négatifs = choc déflationniste PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 12 Janvier 2012 05:23

Des taux d'intérêts négatifs sont historiquement très rares, uniques en Allemagne et indiquent un choc déflationniste. Ils sont également un signe que la fin de l'euro est imminente. L'intérêt des titres du marché monétaire à maturité de 6 mois est tombé à  minus 0,0122 pour cent. Mais au lieu de s'en réjouir il faut y voir le signe clair d'une déflation imminente. Jamais auparavant il n'y eut en Allemagne des taux d'intérêts négatifs.

 

Michaela Heine pour News 26

L'Allemagne a placé mercredi avec succès sur le marché une obligation à cinq ans, sur laquelle les investisseurs se sont rués: c'est la première fois que le rendement d'une obligation à cinq ans descend sous 1%, permettant au pays de s'endetter à très bas coût.

Lundi, des investisseurs ont même accepté de souscrire à des obligations émises par l'Etat fédéral allemand qui prévoit le versement d'un intérêt négatif. En clair, ces créanciers vont payer pour avoir le droit de prêter leurs liquidités. Une première.

 

Lors de la vente, l'intérêt des titres du marché monétaire avec une maturité de 6 mois est tombé à  minus 0,0122 pour cent. Mais au lieu de s'en réjouir il faut y voir le signe clair d'une déflation imminente.  Jamais auparavant il n'y a eu en Allemagne des taux d'intérêt négatifs.

Le grand public s'est montré amusé que l'Allemagne n'ait pas à payer d'intérêts en s'endettant, mais reçoive même une prime. Reuters par exemple écrivait: "Le gouvernement allemand a réalisé un exploit sans précédent: il gagne de d'argent en faisant des dettes."

Réaliser un exploit? Une telle interprétation montre une grande incompétence en ce qui concerne le journalisme économique. Ce n'est certainement pas grâce à l'Allemagne, et c'est loin d'être une "réussite" que les investisseurs internationaux perdent quand  ils donnent de l'argent aux très endettés. C'est plutôt un signe d'alerte incomparable!

Prêter de l'argent à quelqu'un et payer pour cela? Est-ce la solution de la crise de la dette? Certainement pas. Il y a là un signal d'avertissement sans équivoque, qui n'a pas encore été interprété de manière appropriée par les marchés. Mais la conséquence amère de cette situation ne sera pas longue à venir.

Des taux d'intérêts négatifs sont historiquement très rares, uniques en Allemagne et indiquent un choc déflationniste. Ils sont  également un signe que la fin de l'euro est imminente: les investisseurs sont prêts à donner de l'argent à l'Allemagne, tout en acceptant une perte. Dans le même temps tout les autres pays dans la zone euro sont hors du coup, ce qui conduira à un stress au sein de la monnaie unique bientôt à son paroxysme.

 

Une contraction déflationniste est dangereuse pour les banques parce que les emprunts des institutions financières seront irrecouvrables. C'est aussi la raison pour laquelle les cours des actions bancaires n'ont récemment connu qu'une seule direction: vers le bas. Particulièrement frappante et inquiétante estsur ce plan la performance de la Commerzbank, deuxième plus grande banque allemande. Elle est considérée comme un test décisif en termes de crise bancaire.

La crise de la dette qui secoue la zone euro et les interrogations sur la solvabilité de plusieurs pays européens, ont aiguisé l'appétit des investisseurs pour des placements sûrs, notamment pour les titres allemands et pour cela ils sont prêts à renoncer à un rendement. - voici l'interprétation de Reuters.

 

Perte de contrôle par les banques centrales

Des taux d'intérêts négatifs sont historiquement très rares et sont toujours les signes avant-coureurs d'une déflation. Ce phénomène indique que les banques centrales ne contrôlent plus rien.
Les systèmes de contrôle monétaire (quantitative) et les outils d'influence normalement disponibles se sont ébréchés. C'est à nouveau un développement extrêmement dangereux car le système monétaire dépend de l'expansion. Une contraction déclencherait inévitablement des processus de contractions supplémentaires comme des faillites d'Etat, des faillites bancaires et des faillites d'entreprises.

Compte tenu de ce développement, que les banques centrales - au moins pour l'instant - ne semblent pas pouvoir combattre sérieusement, les investisseurs ont tendance à éviter des investissments risqués et ainsi les cours d'actions des entreprises du monde entier auront tendance à baisser. Le prix de l'or et des métaux précieux pourrait cependant monter dans un tel climat, alors que la crainte d'un effondrement de l'intégrité structurelle du système
augmente.


 

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