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La Suisse au bord de la faillite PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 17 Février 2011 09:01

 

La Suisse est un tout petit pays qui joue à la roulette dans un casino qui invite à sa table les plus grands joueurs du monde capitaliste. Un danger réel pour  la petite république transalpine. Sa taille réduite, mise  en liaison avec les risques inhérents à l'appareil bancaire mégalomane, nous rappelle l’exemple de l’Irlande. Au moment même où le Président de la Banque Nationale Suisse met en garde, il est temps de se demander si la Suisse est toujours un endroit sûr pour abriter son argent?

 

 

par Joanna Redstone

"L'Irlande nous donne un exemple dramatique de ce qui peut nous arriver. L'Irlande a une économie comparable à bien des égards à celle de la Suisse, " a déclaré Philipp Hildebrand, Président de la Banque Nationale Suisse ce mercredi  dans un entretien à l’hebdomadaire allemand « Die Zeit » .

Le Parlement devrait  traiter cette année encore les propositions de la commission d’experts  « too big to fail »  - selon Hildebrand. Ces propositions sont destinées à empêcher la faillite d'une grande banque qui pourrait ruiner la place financière suisse. Pour illustrer son avertissement.

Hildebrand prend pour exemple le cas de l'Irlande: "L'Irlande nous donne un exemple dramatique de ce qui peut arriver. L'économie Irlandaise est à bien des égards comparable à la Suisse, par la taille, la structure, la situation fiscale de départ - et elle est à présent dans un état désastreux. Ce pays a été rejeté 10 ou 20 ans en arrière.  En fin de compte, parce que le problème ‘to big to fail’ (trop grand pour échouer)  n'était pas sous contrôle."

Le risque que la faillite d'une grande banque pourrait ruiner la place financière suisse semble désormais bien réel. Le temps où le terme même de " Suisse" évoquait un sentiment de sécurité, qui est  probablement lié à l'histoire relativement pacifique de la Confédération pourrait bientôt prendre fin, car la petite république transalpine est apparemment le dos au mur.

Un exemple : Beaucoup d’investisseurs ont financé leur logement ou leur bien immobilier avec des prêts hypothécaires en devises étrangères donc  en francs suisses. Le taux de change CHF / € menace maintenant les clients de la zone euro, car leurs dettes augmentent considérablement avec la flambée du franc helvétique.  

Il est très probable que la tendance haussière va se poursuivre, au moins à moyen terme, car la Suisse apparaît toujours comme un paradis financière comparée au taux  d’endettement de la zone Euro. 
Ensuite, si le client possède un quelconque type d'assurance-vie, qui a été recommandée très souvent comme moyen de remboursement, il peut se trouver rapidement dans une impasse dangereuse. Même les fonctionnaires les plus fidèles du système financier admettent peu à peu les risques extrêmes  encourus par  ces modèles. En clair, ces modèles ont de fortes chances de ne plus fonctionner.

Les pages d’ombre de l’économie suisse peuvent facilement conduire  à une faillite d’Etat. C’est pour cela que de nombreux investisseurs, critiques ou connaisseurs, fuient  actuellement la Suisse  pour Singapour, Hong Kong ou l’Amérique du Sud.

Pour comprendre ce phénomène, il faut faire un petit détour. La Suisse est un tout petit pays qui joue à la même table de casino que les plus grands joueurs du monde capitaliste. Et ceci est dangereux pour  la petite république transalpine.

La Banque Nationale Suisse (BNS), un organisme privé d’ailleurs,  fait marcher la planche à billets en permanence, à l’instar de la Réserve fédérale américaine (FED), qui, apparemment lui sert de modèle. Des experts suisses demandent depuis fort longtemps, d’augmenter le taux de capitaux propres des deux «points chauds», UBS et Crédit Suisse, voire de radicalement les doubler. Le choc de la «presque-faillite» de  l'UBS lors de la dernière crise financière est toujours présent et ceci rend évident le risque de faillite de l’Etat.

L'économie propre de la Suisse est beaucoup trop petite pour empêcher la faillite d’une de ces banques majeures dans une crise financière future, d'autant que les données macroéconomiques intérieures brutes ont été créées pour une grande partie, justement par ces deux « réservoirs de capitaux » (UBS et CS). La survie économiques de tout un pays dépend donc de ces deux groupes bancaires! 

Le ratio de la dette, de  40% en Suisse, pourrait passer en quelques instants  à la marque de 100% si le marché obligataire demandait des provisionnements divers, ce qui est aujourd'hui ouvertement discuté dans de nombreux cercles d'experts. Il ya deux manières connues de rembourser une dette: soit le débiteur paie, soit les banques la provisionne.

Pourquoi ceci est-il si important pour la Suisse, alors que d'autres pays ont fondamentalement le même problème? Très simplement, car elle est, avec ses banques gigantesques par rapport à la taille de  son économie nationale, très fortement investie dans le marché obligataire international.

A quelle vitesse des problèmes peuvent-ils survenir ? Nous l’avons appris avec l’exemple de la Grèce.  Quand les pays débiteurs deviennent insolvables, les banques prêteuses sont sous pression. Et voici, à mon avis, le problème central de la Suisse.

Bien sûr, vous pouvez compenser la défaillance du débiteur (prévue) par la «planche à billets", mais il ne s’agit pas d’une devise maîtresse comme le dollar ou l'euro, mais de la monnaie d'un pays de huit millions d’habitants. Il est bien connu que l'impression simple dilue une monnaie et la Suisse n'est pas "too big to fail". Dans le cas d'une nouvelle crise (qui est probable), la Suisse ne serait plus en mesure de combler ses trous béants car ses deux banques phares sont tout simplement trop importantes.

Les citoyens suisses apprendraient alors également les "méthodes de comptabilité créative» dans leur pays. De plus, un sauvetage allégué par la "planche à billets" pourrait ruiner le Franc suisse lui-même, et ainsi détruire la confiance dans la région.
Bref, la Suisse ne serait pas en mesure de sauver une seule des deux banques, au cas où elles se trouveraient en déséquilibre (cas dans lequel elles sont probablement déjà, si les chiffres réels étaient publiés).

Le risque de faillite de l'Etat devient clair. Derrière les coulisses, entre les banques et les hommes politiques serviles, des entretiens existent apparemment déjà,  en vue de diviser les établissements financiers afin de répartir les risques entre de nombreuses sociétés qui pourraient être "désactivées" en cas de besoin. Une séparation du business commercial de celui d'investissement est également d'une importance fondamentale.

Le Crédit Suisse et UBS ont infligé, à mon avis, dans leur mégalomanie, de graves risques à la Suisse qui pourraient se concrétiser  quand une de ces banques devra être sauvée de l'effondrement. Puis, soudain, un pays comme Singapour ou Hong Kong pourrait se présenter  comme sauveur, parce que la Suisse elle-même ne sera pas capable, seule, de s’en sortir. Ce qu’un tel scénario représenterait pour l’autarcie de la république transalpine, tout le monde peut l’imaginer.

Le potentiel des dettes des banques UBS et CS représente, cumulé, un multiple de la performance totale économique suisse.

Ce que je présente ici est apparemment vu de la même façon par d’autres. La Suisse est-t-elle déjà vulnérable au chantage? Pourquoi a-t-elle  cédé sous  la pression des Américains et a lâché des données de clients confidentielles et affaibli son secret bancaire si apprécié auparavant?

La confiance dans la Suisse semble encore intacte chez beaucoup de gens car un effet d'inertie et l'ignorance semblent  jouer un rôle. En suivant les discussions dans le pays, on acquiert la forte impression que les suisses eux-mêmes,  banquiers et hommes politiques inclus, semblent n’avoir pas ingéré toute la dimension du danger menaçant le pays.

On peut seulement espérer, qu'au moins quelques-uns des gestionnaires compétents auront un courage civique, pour enfin dire la vérité à la population.  

Pour résumer :

La Suisse comporte, étant donnée sa petite taille et sa liaison avec un appareil bancaire mégalomane,  des risques similaires à l'Islande, bien que cette comparaison devrait en secouer certains.

Les clients hypothécaires financés en CHF vivant en "terre d'euros" par exemple, doivent s'attendre à ce que le taux de change continue d’augmenter temporairement, ce qui peut conduire, dans le pire des cas,  à la vente aux enchères du bien immobilier. Celui qui est endetté jusqu’au coup devrait, dans certaines circonstances, penser à un refinancement en €, ou même imaginer la vente de la propriété, si cela  est possible.
Ceux qui disposent encore de capitaux devraient envisager l’achat de métaux précieux (or ou argent physiques) et pourraient ainsi survivre à l’envolée du franc suisse. Car personne ne sait quand et si le CHF replongera. Le CHF est à mon avis, aussi peu sûr que toutes les autres monnaies. L'investissement dans l’achat de terre semble également utile, mais seulement dans les pays juridiquement et politiquement sûrs.


 

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